La Belgique remise en question : : Ajouté le 15/10/2007 à 08:41 PM
L'article que je vais diffusé aujourd'hui est extrait du numéro 92 de l'hebdomadaire économique français Challenges .
J'aimerai l'avis de tous, et surtout de mon lectorat belge sur cet article, Merci et bonne lecture :
Si la Belgique s'éteignait, qui la regretterait ?
Wallons et Flamands pourraient s'installer respectivement dans une France ou dans des Pays-Bas élargis. Et Bruxelles se contenterait d'être la capitale bureaucratique de l'Europe.
Voila trois mois, depuis les élections générales, que la Belgique est sans gouvernement. Peut-être en a-t-elle un aujourd'hui. Mais, dans ce cas, qui l'aura remarqué ? Et d'ailleurs qui s'en soucie ? Même les Belges s'en contrefichent. Et ce qu'ils pensent de leur gouvernement s'applique sans doute aussi à leur pays. Si la Belgique n'existait pas, qui prendrait la peine de l'inventer ?
Bien-sûr, ces questions-là pourraient se poser pour des tas d'autres pays dans le monde. Seulement voilà, dans le cas de la Belgique, ce sont les habitants eux-mêmes qui s'interrogent. Il est vrai que, selon les sondages, les Belges souhaitent que rien ne change. Mais quand ils se rendent aux urnes, comme ils l'ont fait le 10 juin, ils votent suivant des lignes de fractures linguistiques, les Wallons francophones pour des partis francophones au sud, les Flammands néerladophones pour des partis néerlandophone au nord.
Les deux groupes ne s'entendent pas -d'où la difficulté de former un gouvernement. Ils mènent des existences parallèles, s'ignorent avec superbe. Et pourtant, ils sont persuadés de bien se connaître. Lorsque, en décembre dernier, un programme de télévision en français a été interrompu par un flash annonçant que le Parlement flammand avait voté l'indépendance, que le roi avait fui et que la Belgique était dissoute, une majorité a cru que ce canular était la vérité...
Pourquoi s'en étonner ? Puisque le Premier ministre lui-même pense que les Belges n'ont rien en commun sauf : " le roi, l'équipe de football et des bières diverses et variées ". Il décrit son pays comme " un accident de l'histoire ".
Le résultat de sa création, en 1831, ne fut ni un succès éclatant, ni un échec criant. La Belgique s'industrialisa rapidement, s'empara d'un large territoire en Afrique et l'exploita vec voracité. Elle fut occupée par l'Allemagne, non pas une, mais deux fois. Et obtint habilement l'implantation sur son sol du siège de ce qui est maintenant l'Union européenne. En chemin, elle a donné naissance à Magritte, Simenon, Tintin et au saxophone. Elle produit des tonnes de chocolat...et de frites. Il ne fait aucun doute que d'autres bonnes choses pourraient émaner de cette bande de territoire jadis occupépar une tribu que les Romains appelaient les Belgae. Mais pour cela, nul besoin de la Belgique : les Belges pourraient tout aussi bien s'installer dans deux ou trois mini-Etats, voire dans une France ou des Pays-Bas élargis.
Et Bruxelles pourrait se contenter d'être la capitale bureaucratique de l'Europe. Convenons-en, la Belgique a fait son temps. Il est l'heure d'envisager un divorce de velours.
Les Belges ne devraient pas s'en attrister d'ailleurs. C'est ainsi, les pays apparaissent et disparaissent. Peut-être y a-t-il même un moyen de garder le roi, si tel est leur désir. Comme il n'a jamais eu de pays - il n'a toujours été que le roi des Belges -, il ne regrettera pas la Belgique ! ♦ "
Ici donc s'arrête cet article, vous pourrez le retrouver dans le n°92 (du 20 au 26 septembre 2007) du magazine Challenges donc.
Amis Belges, j'attends vos avis !
Kadehar
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